Présentation – Entre héritage et refondation : construire une école d’architecture en contexte postcolonial.

Mourad Bouzar

11 Déc 2025
Présentation – Entre héritage et refondation : construire une école d’architecture en contexte postcolonial.
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Jeudi 11 décembre, à 17h, le laboratoire ATE organise une rencontre avec le chercheur Mourad Bouzar qui présentera l’avancée de ses recherches sous le titre « Entre héritage et refondation : construire une école d’architecture en contexte postcolonial. Algérie (1962-1969) : un état des lieux de la recherche ». Mourad Bouzar est accueilli au laboratoire ATE pour un séjour de recherche dans le cadre de la bourse André Mandouze.

La discussion sera animée par Marie Gaimard, chercheuse au laboratoire ATE.

Résumé de la présentation
La présentation propose un état des lieux de la recherche sur l’enseignement de l’architecture en Algérie entre 1962 et 1969, une période marquée par la refondation des institutions universitaires dans un contexte de vacance d’enseignants et de cadres qualifiés. Au cœur de cette recherche se situe l’École nationale d’architecture et des Beaux-arts d’Alger (ENABA), rouverte à l’automne 1962 sur les fondations de l’ancienne École nationale des Beaux-arts mais sans la plupart de ses enseignants. Sa section d’architecture formera pourtant jusqu’en 1969 les premiers architectes du pays, ceux à qui seront confiés les projets structurants de la décennie suivante.

Entre héritage et refondation, cet intervalle de sept années se caractérise par l’afflux d’architectes venus de France, de Suisse, d’Italie, d’Europe de l’Est, du Cambodge et d’Uruguay. Cette convergence d’acteurs pour la plupart sans expérience préalable de l’enseignement, aux formations et références hétérogènes a favorisé le transfert et la confrontation de modèles pédagogiques divers, dont l’hybridation progressive façonnera durablement la formation des architectes en Algérie.

Engagée dans le cadre de la bourse André Mandouze, l’exploitation récente des archives du Service national de coopération (Service historique de la Défense – site de Vincennes), du Bureau de l’administration des Beaux-arts (Archives nationales – site de Pierrefitte-sur-Seine), et du Secrétariat d’État aux affaires algériennes (Archives diplomatiques – site de la Courneuve), doit permettre de pallier les lacunes documentaires des fonds algériens, dispersés depuis le transfert de la section d’architecture en 1970 à l’École polytechnique d’architecture et d’urbanisme (EPAU).

Aux fin d’interroger le transfert et l’hybridation des modèles d’enseignement, la présentation met ainsi en perspective la matière extraite de ces fonds et celle tirée des archives administratives l’ex.ENABA à la faveur de précédentes études. Au-delà de la reconstitution prosopographique de ces cohortes enseignantes, la recherche interroge les transferts culturels franco-algériens opérés dans le cadre de la Coopération notamment, et leur hybridation dans un contexte post colonial. Elle propose de discuter ces héritages pédagogiques qui, par-delà les mers et les frontières structurent la formation des architectes.

visuel : Composition par Mourad Bouzar. Premier plan : École Nationale des Beaux-Arts (Arch. Léon Claro et Jacques Darbeda). Vue de la terrasse. Photo au bromure, édition Jomone. Arrière plan : Le Journal d’Alger, 2 juin 1960, page 1.
© Fonds du Bureau de l’administration des Beaux-arts, Archives Nationales (site Pierrefitte-sur-Seine), cote : F/21/9159