Soutenance de thèse – L’agriculture est un champ de bataille et l’architecture en est le témoin

Guillaume Nicolas

12 Oct 2026
Soutenance de thèse – L’agriculture est un champ de bataille et l’architecture en est le témoin
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Lundi 12 octobre 2026 à 14h00, en amphi Duminy, Guillaume Nicolas soutiendra sa thèse de doctorat intitulée « L’agriculture est un champ de bataille et l’architecture en est le témoin. Enquête sur les transformations des clos-masures normands ».

Cette thèse de doctorat a été préparée en sein du laboratoire ATE, sous la direction de Valéry Didelon, professeur, ENSA Normandie, ATE.

Membre du jury

Isabelle CHESNEAU, professeure, ENSA Paris-Malaquais (Rapportrice)
Sébastien MAROT
, professeur, ENSA Paris-Est (Rapporteur)
Matthieu CALAME
, docteur (Examinateur)
Sandra FIORI
, maîtresse de conférences, ENSA Lyon (Examinatrice)
Philippe MADELINE
, professeur, Université de Caen Normandie (Examinateur)

La soutenance sera transmise en direct en visioconférence ICI

Résumé de la thèse
Avec la généralisation du recours aux engins motorisés et aux intrants chimiques, la deuxième révolution agricole des temps modernes a profondément modifié les pratiques des agriculteurs après la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, à l’heure du dérèglement écologique et des instabilités géopolitiques, le gouvernement français promeut une troisième révolution, numérique, robotique et génétique. Cogérées par l’État et le syndicat majoritaire, la FNSEA, ces politiques de modernisation affectent l’architecture des corps de ferme traditionnels dans lesquels la plupart des exploitants continuent de travailler. Pourtant, une partie du monde agricole s’inquiète des conséquences sur la profession et plus largement sur les milieux ruraux. La Confédération paysanne en France et la Via Campesina à l’international défendent d’autres choix collectifs et incarnent une alternative structurée, tant sur le plan technique que sociétal. L’agriculture est désormais un champ de bataille, polarisé entre une voie industrialisée et une voie paysanne contemporaine. L’hypothèse de cette recherche est que l’architecture témoigne d’un affrontement idéologique qui dépasse les seules orientations technico-économiques des exploitations (OTEX) telles que l’INSEE les définit. Pour étudier ce phénomène, l’enquête de terrain menée ici auprès d’une quarantaine d’agriculteurs normands construit une nouvelle catégorie, l’orientation politique des exploitations (OPEX), et analyse ce que celle-ci fait à l’architecture des corps de ferme. Plus généralement, cette recherche met au jour les raisons qui dictent, au-delà de l’utilitaire, la manière dont les producteurs interviennent sur leur patrimoine bâti et paysager. Les exploitations observées appartiennent toutes à un même type historique du pays de Caux, le clos-masure, qui est à la fois doté d’une identité régionale affirmée et d’une certaine souplesse d’évolution. L’étude des transformations de ces constructions et paysages vernaculaires révèle les mutations en cours et permet d’expliciter ce que l’architecture dit de l’agriculture – et parfois aussi ce qu’elle lui fait – sur les plans fonctionnels, matériels et esthétiques.

Mots clés : agriculture industrielle, agriculture paysanne, architecture agricole, vernaculaire, patrimoine, prise de décision, clos-masure, Normandie, enquête, controverse

visuel : Hangar agricole en construction dans un clos-masure © Guillaume Nicolas