« Les (mo)in(s)visibles » par Jade Apack
Jade Apack est architecte et artiste. Elle explore les transformations des territoires en confrontant l’histoire humaine au temps long géologique. Cofondatrice de l’association Lost&Find, elle suit SPEAP en 2024 à Sciences Po Paris, étant parallèlement lauréate de LINA. Elle participe à des résidences, comme à la Cité des Arts en 2025, aux Arches Citoyennes en 2024 ou à EoFA, Genève en 2021. Son travail a été exposé à la Biennale de Cartographie, Lille, 2024 et au Pavillon Sicli, Genève, 2021.
Visuel ©Marine Foni
Atelier – Mouvante minéralité
L’atelier vise à explorer la plasticité de minéraux que l’on pense à tort inerte. Profitant du bassin géologiquement riche de Rouen, les étudiants développeront une exploration matérielle et sensible de ses sables, alluvions, calcaire, craies, silex, sels, argiles, et autres conglomérats.
Retournant à la base des ressources de la construction, à la matière brute, l’atelier se verra prendre des couleurs de laboratoire alors que les projets seront issus d’une conscience de cycle de transformation de la matière, des temps longs géologiques, des origines et agentivités des ressources dans leurs paysages de formation. À l’issue du semestre, les projets émanant formeront des interventions architecturales le long d’une promenade paysagère.
A venir Carl Arvidsson
Présentation à venir prochainement
Atelier – Studio for a displaced writer on the site of the Pavillon Flaubert in Canteleu
Présentation à venir prochainement
« Le patrimoine de l’infra-ordinaire” par Lucas Monsaingeon
Architecte, docteur en architecture et aménagement, Lucas Monsaingeon pratique la maîtrise d’œuvre depuis plus de quinze ans, en tant qu’associé et directeur de projet de l’atelier d’architecture Philippe Prost. Il y a mené des projets récompensés en France et à l’international, comme l’Anneau de la mémoire ou la réhabilitation de la Cité des Électriciens. En parallèle, il intervient régulièrement dans les écoles d’architecture, et mène une activité de chercheur. Sa thèse intitulée « Faire projet dans le bassin minier du Nord et du Pas-de-Calais. Territoire, architecture & patrimoine post-industriel : des morts-terrains aux sols vivants » explore les enjeux et leviers de la transformation architecturale d’un territoire post-industriel.
Atelier – “Manifeste infra-ordinaire, pour une architecture endotique”, hommage à Georges Perec (1936 – 1982)
« Les journaux parlent de tout, sauf du journalier. […] Ce qui se passe vraiment, ce que nous vivons, le reste, tout le reste, où est-il ? Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ? […] Décrivez votre rue. Décrivez-en une autre. Comparez. Faites l’inventaire de vos poches, de votre sac. Interrogez-vous sur la provenance, l’usage et le devenir de chacun des objets que vous en retirez. Questionnez vos petites cuillers. Qu’y a-t-il sous votre papier peint ? » Georges Perec, L’infra-ordinaire, 1989
Cet atelier invite les étudiants à une enquête collective sur les situations construites à portée de vue, dans un rayon de 500 mètres autour de l’ENSA Normandie. Cette « tentative d’épuisement » d’un espace donné, à visée descriptrice et transformatrice, se situe au croisement des échelles architecturales et urbaines. L’approche méthodique vise à inventorier, décrire et interroger les 1363 éléments bâtis présents autour de l’école, sans hiérarchie ni préjugé : hangars, immeubles de logement, maisons individuelles, vestiges historiques, équipements publics, pylônes électriques, moulins ou arrêts de bus, aire de gens du voyage… Elle croise des techniques cartographiques numériques, d’arpentage pour aller voir par ses propres yeux, et des techniques de relevé traditionnel pour produire de la connaissance située.
Selon la démarche oulipienne de Georges Perec, cet atelier repose sur l’application d’un protocole strict, où la contrainte et l’aléatoire deviennent source de création. Les jeux mathématiques, la géométrie, la statistique et le hasard seront ainsi mobilisés pour traiter les séries et réduire le corpus. Par la suite, les étudiants seront invités à considérer des situations problématiques, pour proposer la transformation de ces lieux et en explorer les futurs possibles.