S8-UE1 : 2° CYCLE MASTER
S08-AVT-1-1 : Atelier pluridisciplinaire de projet
Responsables : Axelle Thierry
Objectifs
L’ENSA Normandie, par son ancrage régional, encourage les étudiants en architecture à s’intéresser à certains thèmes. Ceux-ci sont en partie conditionnées par la triple identité de son territoire :
- Territoire industrieux, la Normandie est une terre de reconfiguration économique et de recyclage urbain, notamment autour du patrimoine industriel,
- Terroir rural et nourricier, la région est un territoire de production intense et de réinventions agricoles,
- Territoire côtier, la question de l’évolution du trait de côte et des risques particuliers qu’il implique est ici un enjeu crucial.
Depuis plusieurs années, le master AVT de l’ENSA Normandie s’intéresse ainsi aux territoires côtiers comme aux problématiques littorales. La façade maritime importante de la région Normandie comme les partenariats construits avec le Vietnam et les Outre-mer colorent et orientent les enseignements dispensés depuis déjà un certain nombre d’années.
En 2026, l’Atelier S8 portera sur la ville du Havre.
//// Objectifs et attendus
Dans le cadre du Master AVT de l’Ecole d’Architecture, l’objectif des enseignants est de permettre aux étudiants de s’intéresser à des territoires dont la complexité grandit de semestre en semestre afin de s’y placer en situation d’inscrire une proposition d’intervention urbaine et architecturale.
L’objectif est également d’inviter les étudiants à placer leurs projets dans la perspective de problématiques larges et partagées ; qu’elles soient paysagères et environnementales, sociales et programmatiques, industrielles ou technologiques.
A l’occasion d’un projet nécessairement unique c’est une réflexion élargie qui doit émerger et doit permettre aux futurs architectes d’acquérir des compétences opérationnelles nouvelles. Ce semestre, les étudiants sont ainsi invités à se plonger dans un contexte à la fois connu et relativement nouveau. L’atelier les invitera à appréhender l'agriculture à la fois une question urbaine essentielle (un besoin vital trop souvent oublié) et un enjeu de projet architectural, urbain et paysager.
L'atelier se focalisera sur un périmètre entre les communes de Montivilliers, Fontaine-La Mallet et Fontenay. Cet espace se situe en limite entre le Havre et le pays de Caux, à l'interface entre le plateau et la vallée de la Lézarde.
Le devenir de ce secteur interroge : les espaces agricoles y sont fortement morcelés par des quartiers résidentiels, qui ne cessent de croître sur les sols nourriciers, au point que l’enclavement de ces terres guette… En écho, le ménagement des lisières ville-agriculture constitue une opportunité de projet à investiguer pour aborder des enjex transversaux (habitat, mobilités, espaces publics, usages, continuités écologiques, métabolisme urbain…).
Par ailleurs, les productions, essentiellement en grandes cultures, pourraient progressivement faire l'objet de transitions agro-écologiques, voire s’inscrire dans deux dynamiques de reterritorialisation à l’oeuvre à l’échelle de la métropole du Havre, qui constituent des opportunités de reconfigurations spatiales :
• la création d’une “Ceinture verte” basée sur l’installation d’agriculteurs en circuits-courts, portée par un groupement (métropole, chambre agriculture…). La première ferme a été créée à Montivilliers par Thomas Pouliquen en maraîchage bio (visite prévue le 17/02) Projet très soutenu par la ville de Montivilliers. https://laceintureverte.fr/scic-ceinture-verte-le-havre-seine/
https://diagonal.hypotheses.org/21404
• un Projet alimentaire territorial (PAT) initié par la métropole du Havre
Comment les scénarios négociation et infiltration pourraient-ils atterrir sur ce site ?
Quelles dynamiques à l'œuvre pourraient être renforcées ?
Quel(s) devenir(s) seraient souhaitables ou non souhaitables pour ce territoire ?
- Territoire industrieux, la Normandie est une terre de reconfiguration économique et de recyclage urbain, notamment autour du patrimoine industriel,
- Terroir rural et nourricier, la région est un territoire de production intense et de réinventions agricoles,
- Territoire côtier, la question de l’évolution du trait de côte et des risques particuliers qu’il implique est ici un enjeu crucial.
Depuis plusieurs années, le master AVT de l’ENSA Normandie s’intéresse ainsi aux territoires côtiers comme aux problématiques littorales. La façade maritime importante de la région Normandie comme les partenariats construits avec le Vietnam et les Outre-mer colorent et orientent les enseignements dispensés depuis déjà un certain nombre d’années.
En 2026, l’Atelier S8 portera sur la ville du Havre.
//// Objectifs et attendus
Dans le cadre du Master AVT de l’Ecole d’Architecture, l’objectif des enseignants est de permettre aux étudiants de s’intéresser à des territoires dont la complexité grandit de semestre en semestre afin de s’y placer en situation d’inscrire une proposition d’intervention urbaine et architecturale.
L’objectif est également d’inviter les étudiants à placer leurs projets dans la perspective de problématiques larges et partagées ; qu’elles soient paysagères et environnementales, sociales et programmatiques, industrielles ou technologiques.
A l’occasion d’un projet nécessairement unique c’est une réflexion élargie qui doit émerger et doit permettre aux futurs architectes d’acquérir des compétences opérationnelles nouvelles. Ce semestre, les étudiants sont ainsi invités à se plonger dans un contexte à la fois connu et relativement nouveau. L’atelier les invitera à appréhender l'agriculture à la fois une question urbaine essentielle (un besoin vital trop souvent oublié) et un enjeu de projet architectural, urbain et paysager.
L'atelier se focalisera sur un périmètre entre les communes de Montivilliers, Fontaine-La Mallet et Fontenay. Cet espace se situe en limite entre le Havre et le pays de Caux, à l'interface entre le plateau et la vallée de la Lézarde.
Le devenir de ce secteur interroge : les espaces agricoles y sont fortement morcelés par des quartiers résidentiels, qui ne cessent de croître sur les sols nourriciers, au point que l’enclavement de ces terres guette… En écho, le ménagement des lisières ville-agriculture constitue une opportunité de projet à investiguer pour aborder des enjex transversaux (habitat, mobilités, espaces publics, usages, continuités écologiques, métabolisme urbain…).
Par ailleurs, les productions, essentiellement en grandes cultures, pourraient progressivement faire l'objet de transitions agro-écologiques, voire s’inscrire dans deux dynamiques de reterritorialisation à l’oeuvre à l’échelle de la métropole du Havre, qui constituent des opportunités de reconfigurations spatiales :
• la création d’une “Ceinture verte” basée sur l’installation d’agriculteurs en circuits-courts, portée par un groupement (métropole, chambre agriculture…). La première ferme a été créée à Montivilliers par Thomas Pouliquen en maraîchage bio (visite prévue le 17/02) Projet très soutenu par la ville de Montivilliers. https://laceintureverte.fr/scic-ceinture-verte-le-havre-seine/
https://diagonal.hypotheses.org/21404
• un Projet alimentaire territorial (PAT) initié par la métropole du Havre
Comment les scénarios négociation et infiltration pourraient-ils atterrir sur ce site ?
Quelles dynamiques à l'œuvre pourraient être renforcées ?
Quel(s) devenir(s) seraient souhaitables ou non souhaitables pour ce territoire ?
Contenu
Atelier 2026 / Le Havre, “à voir et à manger ”
//// Les thèmes de l’atelier
Réalités agricoles complexes
Ces dernières semaines, l’actualité bruisse d'inquiétudes agricoles. Les villes se remplissent de tracteurs et les réalités les plus locales semblent heurter de plein fouet des enjeux économiques et stratégiques globaux.
L’inquiétude du monde agricole porte aussi bien sur le modèle économique de production (montée en gamme et/ou concurrence internationale par la production) que sur le modèle écologique souhaité (normes françaises et européennes et/ou libre marché dérégulé).
Les perspectives énergétiques aiguisent encore les oppositions et font craindre une disparition de la figure culturellement très marquée du paysan.
Depuis 1945, la proportion des agriculteurs a ainsi été divisée par 10 et l’écrivain Michel Houellebecq parle du “plus grand plan social” silencieux de ces dernières années.
Au cours de la prochaine décennie, la moitié des agriculteurs français partira à la retraite. Le mouvement Terres de Liens, foncière agricole qui aide les agriculteurs à s’installer, a ainsi exposé la situation dans sa campagne de communication en 2021 : « 100 fermes disparaissent chaque semaine. Sans paysans, on fait comment ? ». Terre de liens nous interpelle, nous pousse à dépasser l’enjeu nourricier pour questionner notre façon d’habiter le monde : quel rôle et quelle valeur accorde-t-on aujourd’hui à l’agriculture ?
L’agriculture normande, et a fortiori celle de l’agglomération havraise, fait ainsi face à une obligation de réinvention.
Sols et ressources
Historiquement, le développement d’une architecture pérenne est peu dissociable de l’invention de l’agriculture. Si l’espèce Homo Sapiens (depuis 300.000 ans) est demeurée nomade pendant une majorité de son existence, elle est entrée il y a environ 10.000 ans dans une nouvelle étape de son développement : un âge inscrit de façon durable dans un environnement fixe, anthropisé et maîtrisé.
Cet ancrage terrien a posé les bases, tout à la fois, des civilisations urbaines et d’une relation de maîtrise/dépendance de communautés de plus en plus grandes avec un sol donné. La question du sol, et des ressources que celui-ci est à même de fournir, est donc une question partagée entre la ville, le bâti et l’activité agricole.
Toutefois, nous sommes désormais pleinement dans l’âge de la métropolisation caractérisée par une déconnexion fonctionnelle, spatiale et socio-culturelle des relations entre ville et agriculture.
Le commun
A la question technique de la transformation physique du sol, s’est très rapidement associée la question politique et sociale de sa gestion et de son partage.
L’histoire foncière européenne, qui fera l’objet d’un développement pendant les cours de filières, est longue, complexe et recoupe un certain nombre de notions importantes partagées : domanialité, commun, arpentage.
Dans le débat contemporain l’usage et l’accès à des ressources partagées comme l’eau, la terre ou le paysage font l’objet de débats, d’inventions techniques et juridiques.
La situation du sol agricole est singulière car la dissociation entre la propriété foncière et l’usage du sol caractérise l’agriculture, fréquemment conduite en fermage. De plus, les communaux, des biens gérés en commun par les occupants d’une commune, ont longtemps constitué des compléments précieux pour les fermiers (pâturage, fourrage, bois de chauffe et d’œuvre, etc.). Aujourd’hui l’essor d’un foncier agricole détenu par des acteurs publics, notamment en milieu urbain, constitue un levier d’action en faveur de la qualité des espaces et de leurs paysages, qu’ils soient agricoles, urbains ou naturels.
Le vivant et le nourricier
La notion de vivant permet d’établir un lien réel et objectivable entre les éléments naturels nourriciers (la géologie, le cycle de l’eau, l’air), la faune et la flore et les humains.
La logique est alors celle de la continuité et de la complémentarité.
L’alimentation, humaine mais aussi animale, est une clé d’entrée de la prise en compte élargie du vivant et de ses relations.
Cette compréhension élargie permet de comprendre que les phénomènes urbains ne sont pas dissociables des réalités foncières et nourricières.
Comme nous le rappelle l’architecte Carolyn Steel dans son ouvrage Hungry City (How Food Shape Our Lives), les liens entre production nourricière et consommateurs ont façonné les territoires et sont vitaux. Elle milite pour remettre au premier plan les besoins nourriciers et nous interpelle sur l’alimentation des habitants de la planète entière : comment ce miracle quotidien est-il possible ?
Lisières et réseaux
Les notions évoquées plus haut s’inscrivent à l’intersection des réflexions agricoles et urbaines. Dans le cadre d’un atelier d’architecture, de ville et de paysage, la question des configurations physiques entre ces univers sera ainsi au cœur des questionnements collectifs.
La notion de lisière présuppose des univers disjoints mais juxtaposés et c’est alors la question de la limite qui se pose : limite de la croissance urbaine, compatibilité des activités agricoles avec d’autres activités, configuration physique et architecturales des confins mais aussi principes de solidarité, de fonctionnement symbiotique, d’externalités positives.
La lisière est un concept fertile pour les architectes et paysagistes : critiquée par les uns parce qu’elle incarne un compromis entre maintien agricole et étalement urbain ; promue par les autres comme un levier clé ou un outil relationnel pour conduire un « agro-urbanisme » (Folléa, 2011).
La notion de réseau part du principe de la continuité et de la transversalité, de la fusion peut-être, dans une logique d’efficacités fonctionnelles superposées.
Un atelier construit autour de la relation ville/campagne
L’atelier, on l’a bien compris à ce stade, portera à la fois sur des questions rurales et urbaines, agricole et architecturale, ouvertes et construites. Il s’agira de proposer des dispositifs architecturaux et paysagers à même de repenser la relation ville/campagne exposée ci-avant.
Les propositions attendues devront être pérennes, inventives programmatiquement, stratégiques, sans doute réversibles mais également théoriques.
Le travail proposé depuis 2020 par le philosophe-enseignant Sébastien-Marot, fournira l’arrière-plan théorique de l’atelier. Cette réflexion stimulante fera l’objet d’une présentation en cours.
Dans l’exposition Prendre la clé des champs : agriculture et architecture (présentée pour la première fois en 2019 à la triennale de Lisbonne) et l’ouvrage éponyme, Sébastien Marot a ouvert une réflexion rétrospective sur les relations architecture-agriculture en croisant sur une longue frise chronologique l’histoire agricole, urbaine, architecturale, technique et politique. Puis, il a projeté avec Martin Etienne quatre scénarios futurs, opposés mais combinables, en corrélant les stocks de pétrole et le changement climatique, faisant écho aux scénarios de l’écologiste australien David Holmgren publiés en 2009. Ce processus, qui associe réflexion rétrospective et prospective, a abouti à quatre hypothèses de pactes ville-agriculture, mises en récit graphiquement pour exposer l’impact sur les paysages de ces trajectoires.
Parmi les 4 scénarios proposés pour repenser la relation ville campagne (Incorporation / Infiltration / Négociation / Sécession) l’atelier en retiendra deux et demandera un positionnement des équipes de projet.
Ainsi les hypothèses de la Sécession post-apocalyptique et l’Incorporation turbo-productiviste seront écartées.
En revanche les notions d’Infiltration, faisant la part belle à l'agriculture urbaine et à la volonté de ré-enraciner la vie collective dans des territoires déstructurés par l’urbanisation ou encore celle de Négociation faisant des espaces agricoles une composante à part et structurante des villes, concentreront toute notre attention.
//// Déroulé et calendrier de l’Atelier
TEMPS 1 / ARPENTER, COMPRENDRE, DOCUMENTER
1 / Mardi 10 février : Lancement de l’atelier / Prise de connaissance de documents / préparation de fonds cartographiques /
2 / Mardi 17 février : Déplacement sur site / observer – relever – photographier / Visite d’une ferme
Mardi 24 février : congé
TEMPS 2 / RECHERCHES THÉORIQUES, CONSTRUIRE UNE STRATÉGIE
3 / Mardi 3 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
4 / Mardi 10 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
5 / Mardi 17 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
TEMPS 3 / PREMIÈRES ORIENTATIONS DE PROJETS
6/ Mardi 24 mars : Premières orientations de projet
7 / Mardi 31 mars : Premières orientations de projet
8 / Mardi 7 avril : Rendu-jury intermédiaire
Mardi 14 avril: vacances de Pâques
TEMPS 4 / DEFINITION ET REPRESENTATION DE PROJETS
9 / Mardi 21 avril : Développement/représentation des projets
10/ Mardi 28 avril : Développement/représentation des projets
11 / Mardi 5 mai : Développement/représentation des projets
Mardi 12 mai Parcoursup / pas de séance
12/ Mardi 19 mai mai : Développement/représentation des projets
13 / Mardi 26 mai : jury final
//// Les thèmes de l’atelier
Réalités agricoles complexes
Ces dernières semaines, l’actualité bruisse d'inquiétudes agricoles. Les villes se remplissent de tracteurs et les réalités les plus locales semblent heurter de plein fouet des enjeux économiques et stratégiques globaux.
L’inquiétude du monde agricole porte aussi bien sur le modèle économique de production (montée en gamme et/ou concurrence internationale par la production) que sur le modèle écologique souhaité (normes françaises et européennes et/ou libre marché dérégulé).
Les perspectives énergétiques aiguisent encore les oppositions et font craindre une disparition de la figure culturellement très marquée du paysan.
Depuis 1945, la proportion des agriculteurs a ainsi été divisée par 10 et l’écrivain Michel Houellebecq parle du “plus grand plan social” silencieux de ces dernières années.
Au cours de la prochaine décennie, la moitié des agriculteurs français partira à la retraite. Le mouvement Terres de Liens, foncière agricole qui aide les agriculteurs à s’installer, a ainsi exposé la situation dans sa campagne de communication en 2021 : « 100 fermes disparaissent chaque semaine. Sans paysans, on fait comment ? ». Terre de liens nous interpelle, nous pousse à dépasser l’enjeu nourricier pour questionner notre façon d’habiter le monde : quel rôle et quelle valeur accorde-t-on aujourd’hui à l’agriculture ?
L’agriculture normande, et a fortiori celle de l’agglomération havraise, fait ainsi face à une obligation de réinvention.
Sols et ressources
Historiquement, le développement d’une architecture pérenne est peu dissociable de l’invention de l’agriculture. Si l’espèce Homo Sapiens (depuis 300.000 ans) est demeurée nomade pendant une majorité de son existence, elle est entrée il y a environ 10.000 ans dans une nouvelle étape de son développement : un âge inscrit de façon durable dans un environnement fixe, anthropisé et maîtrisé.
Cet ancrage terrien a posé les bases, tout à la fois, des civilisations urbaines et d’une relation de maîtrise/dépendance de communautés de plus en plus grandes avec un sol donné. La question du sol, et des ressources que celui-ci est à même de fournir, est donc une question partagée entre la ville, le bâti et l’activité agricole.
Toutefois, nous sommes désormais pleinement dans l’âge de la métropolisation caractérisée par une déconnexion fonctionnelle, spatiale et socio-culturelle des relations entre ville et agriculture.
Le commun
A la question technique de la transformation physique du sol, s’est très rapidement associée la question politique et sociale de sa gestion et de son partage.
L’histoire foncière européenne, qui fera l’objet d’un développement pendant les cours de filières, est longue, complexe et recoupe un certain nombre de notions importantes partagées : domanialité, commun, arpentage.
Dans le débat contemporain l’usage et l’accès à des ressources partagées comme l’eau, la terre ou le paysage font l’objet de débats, d’inventions techniques et juridiques.
La situation du sol agricole est singulière car la dissociation entre la propriété foncière et l’usage du sol caractérise l’agriculture, fréquemment conduite en fermage. De plus, les communaux, des biens gérés en commun par les occupants d’une commune, ont longtemps constitué des compléments précieux pour les fermiers (pâturage, fourrage, bois de chauffe et d’œuvre, etc.). Aujourd’hui l’essor d’un foncier agricole détenu par des acteurs publics, notamment en milieu urbain, constitue un levier d’action en faveur de la qualité des espaces et de leurs paysages, qu’ils soient agricoles, urbains ou naturels.
Le vivant et le nourricier
La notion de vivant permet d’établir un lien réel et objectivable entre les éléments naturels nourriciers (la géologie, le cycle de l’eau, l’air), la faune et la flore et les humains.
La logique est alors celle de la continuité et de la complémentarité.
L’alimentation, humaine mais aussi animale, est une clé d’entrée de la prise en compte élargie du vivant et de ses relations.
Cette compréhension élargie permet de comprendre que les phénomènes urbains ne sont pas dissociables des réalités foncières et nourricières.
Comme nous le rappelle l’architecte Carolyn Steel dans son ouvrage Hungry City (How Food Shape Our Lives), les liens entre production nourricière et consommateurs ont façonné les territoires et sont vitaux. Elle milite pour remettre au premier plan les besoins nourriciers et nous interpelle sur l’alimentation des habitants de la planète entière : comment ce miracle quotidien est-il possible ?
Lisières et réseaux
Les notions évoquées plus haut s’inscrivent à l’intersection des réflexions agricoles et urbaines. Dans le cadre d’un atelier d’architecture, de ville et de paysage, la question des configurations physiques entre ces univers sera ainsi au cœur des questionnements collectifs.
La notion de lisière présuppose des univers disjoints mais juxtaposés et c’est alors la question de la limite qui se pose : limite de la croissance urbaine, compatibilité des activités agricoles avec d’autres activités, configuration physique et architecturales des confins mais aussi principes de solidarité, de fonctionnement symbiotique, d’externalités positives.
La lisière est un concept fertile pour les architectes et paysagistes : critiquée par les uns parce qu’elle incarne un compromis entre maintien agricole et étalement urbain ; promue par les autres comme un levier clé ou un outil relationnel pour conduire un « agro-urbanisme » (Folléa, 2011).
La notion de réseau part du principe de la continuité et de la transversalité, de la fusion peut-être, dans une logique d’efficacités fonctionnelles superposées.
Un atelier construit autour de la relation ville/campagne
L’atelier, on l’a bien compris à ce stade, portera à la fois sur des questions rurales et urbaines, agricole et architecturale, ouvertes et construites. Il s’agira de proposer des dispositifs architecturaux et paysagers à même de repenser la relation ville/campagne exposée ci-avant.
Les propositions attendues devront être pérennes, inventives programmatiquement, stratégiques, sans doute réversibles mais également théoriques.
Le travail proposé depuis 2020 par le philosophe-enseignant Sébastien-Marot, fournira l’arrière-plan théorique de l’atelier. Cette réflexion stimulante fera l’objet d’une présentation en cours.
Dans l’exposition Prendre la clé des champs : agriculture et architecture (présentée pour la première fois en 2019 à la triennale de Lisbonne) et l’ouvrage éponyme, Sébastien Marot a ouvert une réflexion rétrospective sur les relations architecture-agriculture en croisant sur une longue frise chronologique l’histoire agricole, urbaine, architecturale, technique et politique. Puis, il a projeté avec Martin Etienne quatre scénarios futurs, opposés mais combinables, en corrélant les stocks de pétrole et le changement climatique, faisant écho aux scénarios de l’écologiste australien David Holmgren publiés en 2009. Ce processus, qui associe réflexion rétrospective et prospective, a abouti à quatre hypothèses de pactes ville-agriculture, mises en récit graphiquement pour exposer l’impact sur les paysages de ces trajectoires.
Parmi les 4 scénarios proposés pour repenser la relation ville campagne (Incorporation / Infiltration / Négociation / Sécession) l’atelier en retiendra deux et demandera un positionnement des équipes de projet.
Ainsi les hypothèses de la Sécession post-apocalyptique et l’Incorporation turbo-productiviste seront écartées.
En revanche les notions d’Infiltration, faisant la part belle à l'agriculture urbaine et à la volonté de ré-enraciner la vie collective dans des territoires déstructurés par l’urbanisation ou encore celle de Négociation faisant des espaces agricoles une composante à part et structurante des villes, concentreront toute notre attention.
//// Déroulé et calendrier de l’Atelier
TEMPS 1 / ARPENTER, COMPRENDRE, DOCUMENTER
1 / Mardi 10 février : Lancement de l’atelier / Prise de connaissance de documents / préparation de fonds cartographiques /
2 / Mardi 17 février : Déplacement sur site / observer – relever – photographier / Visite d’une ferme
Mardi 24 février : congé
TEMPS 2 / RECHERCHES THÉORIQUES, CONSTRUIRE UNE STRATÉGIE
3 / Mardi 3 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
4 / Mardi 10 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
5 / Mardi 17 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
TEMPS 3 / PREMIÈRES ORIENTATIONS DE PROJETS
6/ Mardi 24 mars : Premières orientations de projet
7 / Mardi 31 mars : Premières orientations de projet
8 / Mardi 7 avril : Rendu-jury intermédiaire
Mardi 14 avril: vacances de Pâques
TEMPS 4 / DEFINITION ET REPRESENTATION DE PROJETS
9 / Mardi 21 avril : Développement/représentation des projets
10/ Mardi 28 avril : Développement/représentation des projets
11 / Mardi 5 mai : Développement/représentation des projets
Mardi 12 mai Parcoursup / pas de séance
12/ Mardi 19 mai mai : Développement/représentation des projets
13 / Mardi 26 mai : jury final
Mode d'évaluation
Contrôle continu : 40%
- présence aux mini cours assurés par les enseignants dans le cadre de l'atelier
- présentation hebdomadaire des travaux collectifs et individuels
- présentation lors des jurys intermédiaires
- la progressivité et l’implication de chaque étudiant
Jury final : 60%
L’évaluation lors du jury final est basée sur :
- la qualité de la présentation orale,
- la qualité des représentations urbaines et architecturales, en analyse comme en projet
- la compréhension des questions urbaines et architecturales,
- la qualité, pertinence, cohérence de développement du projet
- présence aux mini cours assurés par les enseignants dans le cadre de l'atelier
- présentation hebdomadaire des travaux collectifs et individuels
- présentation lors des jurys intermédiaires
- la progressivité et l’implication de chaque étudiant
Jury final : 60%
L’évaluation lors du jury final est basée sur :
- la qualité de la présentation orale,
- la qualité des représentations urbaines et architecturales, en analyse comme en projet
- la compréhension des questions urbaines et architecturales,
- la qualité, pertinence, cohérence de développement du projet
Heures
Cours magistraux : 0.00
Travaux dirigés : 80.00
Crédit ECTS
15.00
Coefficients
15.00