1 : 2MASTER CYCLE

Semester 8

Architecture Workshop and project theory

Semester leaders : Axelle Thierry
Axelle Thierry

S08-AVT-1-1 : Multidisciplinary project workshop

Managers: Axelle Thierry
Axelle Thierry
Objectives
ENSA Normandie, through its regional roots, encourages architecture students to take an interest in certain themes. These are partly determined by the triple identity of its territory:
- An industrious region, Normandy is a land of economic reconfiguration and urban recycling, particularly around its industrial heritage.
- A rural and fertile region, Normandy is a land of intense production and agricultural reinvention,
- As a coastal region, the issue of coastal evolution and the specific risks it entails is a crucial challenge here.
For several years now,ENSA Normandie AVT master's programENSA Normandie on coastal regions and coastal issues. The Normandy region's extensive coastline and the partnerships established with Vietnam and France's overseas territories have shaped and guided the teaching provided for a number of years now.
In 2026, Atelier S8 will focus on the city of Le Havre.

//// Objectives and expectations
As part of the School of Architecture's AVT Master's program, the teachers' objective is to enable students to take an interest in territories whose complexity grows from semester to semester, in order to place themselves in a position to submit a proposal for urban and architectural intervention.
The objective is also to encourage students to place their projects in the context of broad and shared issues, whether landscape and environmental, social and programmatic, industrial, or technological.
This necessarily unique project should give rise to broader thinking and enable future architects to acquire new operational skills. This semester, students are invited to immerse themselves in a context that is both familiar and relatively new. The workshop will encourage them to view agriculture as both an essential urban issue (a vital need that is too often overlooked) and a challenge for architectural, urban, and landscape design.
The workshop will focus on an area between the municipalities of Montivilliers, Fontaine-La Mallet, and Fontenay. This space is located on the border between Le Havre and the Pays de Caux, at the interface between the plateau and the Lézarde valley.
The future of this sector raises questions: agricultural spaces are heavily fragmented by residential neighborhoods, which continue to grow on fertile land, to the point that these lands are at risk of becoming isolated... In response, the management of urban-agricultural boundaries presents an opportunity for projects to be investigated in order to address cross-cutting issues (housing, mobility, public spaces, uses, ecological continuity, urban metabolism, etc.).

In addition, production, mainly in field crops, could gradually undergo agro-ecological transitions, or even become part of two reterritorialization dynamics at work in the Le Havre metropolitan area, which offer opportunities for spatial reconfiguration:

• the creation of a "Green Belt" based on the establishment of short-circuit farmers, supported by a group (metropolitan area, chamber of agriculture, etc.). The first farm was created in Montivilliers by Thomas Pouliquen for organic market gardening (visit scheduled for February 17). This project is strongly supported by the city of Montivilliers. https://laceintureverte.fr/scic-ceinture-verte-le-havre-seine/
https://diagonal.hypotheses.org/21404

• A Territorial Food Project (PAT) initiated by the city of Le Havre

How could the negotiation and infiltration scenarios play out on this site?
What dynamics at work could be reinforced?
What future(s) would be desirable or undesirable for this territory?
Content
Atelier 2026 / Le Havre, “à voir et à manger ”
//// Les thèmes de l’atelier

Réalités agricoles complexes
Ces dernières semaines, l’actualité bruisse d'inquiétudes agricoles. Les villes se remplissent de tracteurs et les réalités les plus locales semblent heurter de plein fouet des enjeux économiques et stratégiques globaux.
L’inquiétude du monde agricole porte aussi bien sur le modèle économique de production (montée en gamme et/ou concurrence internationale par la production) que sur le modèle écologique souhaité (normes françaises et européennes et/ou libre marché dérégulé).
Les perspectives énergétiques aiguisent encore les oppositions et font craindre une disparition de la figure culturellement très marquée du paysan.
Depuis 1945, la proportion des agriculteurs a ainsi été divisée par 10 et l’écrivain Michel Houellebecq parle du “plus grand plan social” silencieux de ces dernières années.

Au cours de la prochaine décennie, la moitié des agriculteurs français partira à la retraite. Le mouvement Terres de Liens, foncière agricole qui aide les agriculteurs à s’installer, a ainsi exposé la situation dans sa campagne de communication en 2021 : « 100 fermes disparaissent chaque semaine. Sans paysans, on fait comment ? ». Terre de liens nous interpelle, nous pousse à dépasser l’enjeu nourricier pour questionner notre façon d’habiter le monde : quel rôle et quelle valeur accorde-t-on aujourd’hui à l’agriculture ?

L’agriculture normande, et a fortiori celle de l’agglomération havraise, fait ainsi face à une obligation de réinvention.
Sols et ressources
Historiquement, le développement d’une architecture pérenne est peu dissociable de l’invention de l’agriculture. Si l’espèce Homo Sapiens (depuis 300.000 ans) est demeurée nomade pendant une majorité de son existence, elle est entrée il y a environ 10.000 ans dans une nouvelle étape de son développement : un âge inscrit de façon durable dans un environnement fixe, anthropisé et maîtrisé.
Cet ancrage terrien a posé les bases, tout à la fois, des civilisations urbaines et d’une relation de maîtrise/dépendance de communautés de plus en plus grandes avec un sol donné. La question du sol, et des ressources que celui-ci est à même de fournir, est donc une question partagée entre la ville, le bâti et l’activité agricole.

Toutefois, nous sommes désormais pleinement dans l’âge de la métropolisation caractérisée par une déconnexion fonctionnelle, spatiale et socio-culturelle des relations entre ville et agriculture.

Le commun
A la question technique de la transformation physique du sol, s’est très rapidement associée la question politique et sociale de sa gestion et de son partage.
L’histoire foncière européenne, qui fera l’objet d’un développement pendant les cours de filières, est longue, complexe et recoupe un certain nombre de notions importantes partagées : domanialité, commun, arpentage.
Dans le débat contemporain l’usage et l’accès à des ressources partagées comme l’eau, la terre ou le paysage font l’objet de débats, d’inventions techniques et juridiques.

La situation du sol agricole est singulière car la dissociation entre la propriété foncière et l’usage du sol caractérise l’agriculture, fréquemment conduite en fermage. De plus, les communaux, des biens gérés en commun par les occupants d’une commune, ont longtemps constitué des compléments précieux pour les fermiers (pâturage, fourrage, bois de chauffe et d’œuvre, etc.). Aujourd’hui l’essor d’un foncier agricole détenu par des acteurs publics, notamment en milieu urbain, constitue un levier d’action en faveur de la qualité des espaces et de leurs paysages, qu’ils soient agricoles, urbains ou naturels.

Le vivant et le nourricier
La notion de vivant permet d’établir un lien réel et objectivable entre les éléments naturels nourriciers (la géologie, le cycle de l’eau, l’air), la faune et la flore et les humains.
La logique est alors celle de la continuité et de la complémentarité.
L’alimentation, humaine mais aussi animale, est une clé d’entrée de la prise en compte élargie du vivant et de ses relations.
Cette compréhension élargie permet de comprendre que les phénomènes urbains ne sont pas dissociables des réalités foncières et nourricières.

Comme nous le rappelle l’architecte Carolyn Steel dans son ouvrage Hungry City (How Food Shape Our Lives), les liens entre production nourricière et consommateurs ont façonné les territoires et sont vitaux. Elle milite pour remettre au premier plan les besoins nourriciers et nous interpelle sur l’alimentation des habitants de la planète entière : comment ce miracle quotidien est-il possible ?

Lisières et réseaux
Les notions évoquées plus haut s’inscrivent à l’intersection des réflexions agricoles et urbaines. Dans le cadre d’un atelier d’architecture, de ville et de paysage, la question des configurations physiques entre ces univers sera ainsi au cœur des questionnements collectifs.
La notion de lisière présuppose des univers disjoints mais juxtaposés et c’est alors la question de la limite qui se pose : limite de la croissance urbaine, compatibilité des activités agricoles avec d’autres activités, configuration physique et architecturales des confins mais aussi principes de solidarité, de fonctionnement symbiotique, d’externalités positives.
La lisière est un concept fertile pour les architectes et paysagistes : critiquée par les uns parce qu’elle incarne un compromis entre maintien agricole et étalement urbain ; promue par les autres comme un levier clé ou un outil relationnel pour conduire un « agro-urbanisme » (Folléa, 2011).

La notion de réseau part du principe de la continuité et de la transversalité, de la fusion peut-être, dans une logique d’efficacités fonctionnelles superposées.


Un atelier construit autour de la relation ville/campagne
L’atelier, on l’a bien compris à ce stade, portera à la fois sur des questions rurales et urbaines, agricole et architecturale, ouvertes et construites. Il s’agira de proposer des dispositifs architecturaux et paysagers à même de repenser la relation ville/campagne exposée ci-avant.
Les propositions attendues devront être pérennes, inventives programmatiquement, stratégiques, sans doute réversibles mais également théoriques.

Le travail proposé depuis 2020 par le philosophe-enseignant Sébastien-Marot, fournira l’arrière-plan théorique de l’atelier. Cette réflexion stimulante fera l’objet d’une présentation en cours.

Dans l’exposition Prendre la clé des champs : agriculture et architecture (présentée pour la première fois en 2019 à la triennale de Lisbonne) et l’ouvrage éponyme, Sébastien Marot a ouvert une réflexion rétrospective sur les relations architecture-agriculture en croisant sur une longue frise chronologique l’histoire agricole, urbaine, architecturale, technique et politique. Puis, il a projeté avec Martin Etienne quatre scénarios futurs, opposés mais combinables, en corrélant les stocks de pétrole et le changement climatique, faisant écho aux scénarios de l’écologiste australien David Holmgren publiés en 2009. Ce processus, qui associe réflexion rétrospective et prospective, a abouti à quatre hypothèses de pactes ville-agriculture, mises en récit graphiquement pour exposer l’impact sur les paysages de ces trajectoires.

Parmi les 4 scénarios proposés pour repenser la relation ville campagne (Incorporation / Infiltration / Négociation / Sécession) l’atelier en retiendra deux et demandera un positionnement des équipes de projet.

Ainsi les hypothèses de la Sécession post-apocalyptique et l’Incorporation turbo-productiviste seront écartées.
En revanche les notions d’Infiltration, faisant la part belle à l'agriculture urbaine et à la volonté de ré-enraciner la vie collective dans des territoires déstructurés par l’urbanisation ou encore celle de Négociation faisant des espaces agricoles une composante à part et structurante des villes, concentreront toute notre attention.


//// Déroulé et calendrier de l’Atelier

TEMPS 1 / ARPENTER, COMPRENDRE, DOCUMENTER
1 / Mardi 10 février : Lancement de l’atelier / Prise de connaissance de documents / préparation de fonds cartographiques /

2 / Mardi 17 février : Déplacement sur site / observer – relever – photographier / Visite d’une ferme

Mardi 24 février : congé

TEMPS 2 / RECHERCHES THÉORIQUES, CONSTRUIRE UNE STRATÉGIE

3 / Mardi 3 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
4 / Mardi 10 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations
5 / Mardi 17 mars : recherches théoriques, stratégies et programmations

TEMPS 3 / PREMIÈRES ORIENTATIONS DE PROJETS

6/ Mardi 24 mars : Premières orientations de projet
7 / Mardi 31 mars : Premières orientations de projet
8 / Mardi 7 avril : Rendu-jury intermédiaire
Mardi 14 avril: vacances de Pâques

TEMPS 4 / DEFINITION ET REPRESENTATION DE PROJETS

9 / Mardi 21 avril : Développement/représentation des projets
10/ Mardi 28 avril : Développement/représentation des projets
11 / Mardi 5 mai : Développement/représentation des projets
Mardi 12 mai Parcoursup / pas de séance
12/ Mardi 19 mai mai : Développement/représentation des projets
13 / Mardi 26 mai : jury final
Evaluation method
Continuous assessment: 40% of the total
- attendance at the mini-courses given by the teachers in the workshop
- weekly presentation of group and individual work
- presentation during the intermediate juries
- progressiveness and involvement of each student

Final jury : 60% of the students' work
The evaluation during the final jury is based on
- the quality of the oral presentation
- the quality of the urban and architectural representations, both in analysis and in project
- the understanding of urban and architectural issues
- the quality, relevance and coherence of the project's development
Hours
Lectures: 0.00
Tutorials: 80.00
ECTS credit
15.00
Coefficients
15.00